La cruche, soufflée dans un beau verre transparent de couleur brunâtre, est ornée de longues striures verticales plus ou moins foncées ; l’état de conservation est remarquable, malgré quelques dépôts de sable superficiels.
Son corps globulaire, légèrement écrasé sur les épaules, se prolonge dans un long col verticale et mince ; la lèvre, accidentellement irrégulière et un peu inclinée, est plate, son bord est arrondi.
Obtenue en travaillant un long ruban à section circulaire, l’anse témoigne de l’adresse de l’artisan vitrier : soudée à l’épaule elle monte en biais vers le goulot, où elle est repliée sur elle-même de façon à former une sorte de bouclette au niveau de la lèvre.
La taille réduite par rapport à la moyenne, laisse imaginer que le récipient illustré, pourvu probablement d’un bouchon, était utilisé plutôt pour le transport et la conservation de produits précieux (cosmétiques) que pour servir des liquides lors des repas (vin et eau).
Grâce à leur simplicité structurelle, les bouteilles de ce type, souvent même sans anse, comptent certainement parmi les premières formes de vase que les artisans verriers ont appris à souffler : l’introduction du verre soufflé est une importante mais progressive révolution technologique qui a eu lieu vers le milieu du premier siècle avant notre ère dans la région syro-palestinienne, d’où elle a rapidement rayonné dans tout le bassin de la Méditerranée.
Les conséquences de cette invention sont remarquables, puisque en un laps de temps relativement restreint, le verre, qui était jusqu’alors une matière destinée aux objets de luxe, devient désormais un produit de série qui pouvait néanmoins garder une grande qualité artistique et esthétique, malgré l’incroyable vitesse de fabrication permise par l’emploi de la canne à souffler : à partir de la fin de l’époque hellénistique et en particulier dans les domaines de la vaisselle de table et de la conservation des produits cosmétiques, le verre a très vite remplacé la terre cuite, qui était jusqu’alors le matériau le plus repérable, facile à travailler et donc largement répandu pour la confection de pots destinés à toutes les ouches de la population (le verre est une matière chimiquement neutre qui ne réagit pas avec les matières avec lesquelles il entre en contact et qui permet une conservation optimale).
En plus grâce à la possibilité de varier infiniment sa coloration, le verre rendait possible l’imitation d’une ample gamme d’autres matières, que cela soit dans la forme, dans le dessin ou dans la couleur (métal, pierre, etc.).
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